Pompes à chaleur

Fiche CEE BAT-TH-104 : pompe à chaleur tertiaire, mode d'emploi complet

La fiche d'opération BAT-TH-104 subventionne le remplacement d'un système thermique par une PAC dans un bâtiment tertiaire. Conditions, calcul kWh cumac, pièges à éviter.

Par EUREKA9 min de lecture
Pompe à chaleur installée sur toiture de bâtiment tertiaire

La fiche d'opération standardisée BAT-TH-104 est l'une des plus mobilisées en B2B. Ella subventionne l'installation d'une pompe à chaleur (air/eau, eau/eau, sol/eau) en remplacement d'un système thermique existant dans un bâtiment tertiaire — bureaux, commerces, établissements de santé, hôtels, EHPAD, écoles privées.

Qui peut en bénéficier ?

Tout bâtiment classé "tertiaire" au sens du décret tertiaire, soit en pratique : les locaux à usage de bureaux, commerce, hôtellerie, restauration, enseignement, santé, sport, culture, administration publique ou privée. Sont exclus les logements (qui relèvent de fiches résidentielles spécifiques) et les bâtiments industriels (BAT-IND).

Conditions techniques imposées

La fiche fixe plusieurs exigences cumulatives :

  • COP minimum : 3,4 pour une PAC air/eau, 3,9 pour eau/eau et sol/eau (conditions normalisées EN 14511)
  • Marquage CE et certification Eurovent ou équivalente
  • Installateur RGE QualiPAC ou équivalent
  • Régulation par sonde extérieure ou GTB
  • Comptage de l'énergie produite

Surtout : la PAC doit remplacer un système existant (chaudière, convecteurs électriques, ancien aérotherme…). L'installation en bâtiment neuf n'est pas éligible sous cette fiche.

Comment se calcule la prime ?

Le forfait kWh cumac dépend de :

  • La zone climatique (H1, H2 ou H3 — Colmar est en H1)
  • La surface chauffée (m² SHON RT)
  • La performance de la PAC installée (COP)
  • L'usage : chauffage seul, chauffage + ECS, chauffage + rafraîchissement

À titre d'exemple : un bureau de 800 m² en zone H1 (Alsace) avec PAC air/eau COP 4,2 génère environ 2 400 000 kWh cumac. À un cours CEE de 7,5 €/MWh cumac, cela représente 18 000 € de prime environ. Pour les opérations donnant droit au coup de pouce, le montant peut être bonifié.

Les pièges récurrents

1. Devis signé avant l'attestation sur l'honneur. Erreur n°1 dans 30% des dossiers que nous reprenons. La prime est définitivement perdue.

2. COP affiché ≠ COP normalisé. Certains fabricants communiquent un COP "à 7°C ext / 35°C eau" plus flatteur que le COP réglementaire EN 14511. Vérifier impérativement la documentation technique avant signature.

3. Compatibilité émetteurs. Une PAC ne donne sa pleine performance qu'à basse température de départ (35-45°C). Si vous gardez des radiateurs anciens à 70°C, le COP réel s'effondre et la facture monte. Cette analyse est notre métier : avant d'engager, on étudie le réseau et les émetteurs.

4. Dimensionnement. Une PAC surdimensionnée fonctionne en cycles courts et s'use prématurément. Sous-dimensionnée, elle bascule trop souvent sur l'appoint électrique. L'analyse des besoins (DJU, talon, puissance de pointe) est cruciale.

Quand BAT-TH-104 n'est pas la bonne fiche

Si votre site est industriel (process, chaleur fatale, températures >65°C), regardez plutôt BAT-IND-101 ou IND-UT-117 (récupération chaleur fatale). Si vous chauffez un entrepôt par aérotherme gaz, IND-BA-110 (PAC industrielle) est souvent plus adaptée.

Le rôle d'EUREKA sur ce type de dossier

Notre intervention sur une opération BAT-TH-104 type :

  1. Audit énergétique du site existant (consos, émetteurs, isolation, ECS)
  2. Étude de dimensionnement et choix technologique (air/eau vs eau/eau)
  3. Simulation prime CEE + autres aides cumulables
  4. Montage du dossier CEE (AH, calculs, plans, photos)
  5. Coordination obligé CEE + installateur RGE
  6. Suivi jusqu'au versement de la prime

Nous intervenons en Alsace (Colmar, Mulhouse, Strasbourg, Sélestat), dans tout le Grand Est et partout en France.